L’histoire du Distilbène®
est un exemple de prescription nuisible. Le Distilbène®
(diéthylstilboestrol – D.E.S) a été
prescrit sans preuve d’efficacité à environ
200 000 femmes enceintes jusqu’en 1977 en France.
1/3 des «filles D.E.S.» sont atteintes
de troubles de la fécondité pouvant nécessiter
des traitements, tels que stimulations d’ovulations, Inséminations
artificielles (IAC), Fécondation in vitro (F.I.V).
Quand les «filles D.E.S.» parviennent
à être enceintes, il leur est souvent imposé
un repos absolu avec alitement total dès les premières
semaines de la grossesse, en raison des risques particulièrement
importants de fausses couches spontanées précoces
et de grande prématurité. Cet alitement total impose
un arrêt de travail pendant toute la grossesse alors que
la prise en charge d’un arrêt de cette durée
n’est pas prévue par le cadre administratif actuel.
Elles ne bénéficient même pas des facilités
accordées aux grossesses gémellaires.
Cette prise en charge non adaptée est probablement responsable
d’un «gâchis humain» et financier inacceptables
: séries de F.I.V coûteuses mais dont le taux de
réussite est faible ; grossesses souvent déjà
obtenues à grand peine et à grand frais, trop souvent
gâchées par un alitement insuffisant.
Le Conseil Scientifique a donc signalé
à la CNAMTS ces lacunes de prise en charge et leur a proposé
une mesure luttant contre ce gaspillage : la prise en charge de
l’arrêt de travail des «filles D.E.S.»
enceintes, pendant une durée et dans des conditions au
moins similaires à celles des grossesses gémellaires.
Le Conseil Scientifique de l’association
Réseau D.E.S. France a également entrepris de recenser
les imperfections du suivi médical actuel, afin de repérer
les améliorations à apporter à la prise en
charge des «filles D.E.S.», incluant parmi ces critères,
la qualité de la prise en charge administrative par la
Sécurité Sociale.
Ce protocole, une fois mis au point, sera soumis aux autorités
sanitaires et rendu public. |