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Arrêt maternité spécifique aux "filles DES"
Le DES en France - noms commerciaux et indications
Noms commerciaux du DES dans le monde
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Bulletin d'information du C.R.I.M. du CHU de Rennes
Démarche scientifique : démontrer un lien de cause à effet

Informations sur l'arrêt maternité spécifique aux grossesses DES

Les informations pratiques liées à cet arrêt sont disponibles sur le site Ameli.fr : en cliquant ici.

A la suite de plusieurs incidents dans le traitement de ces dossiers par les caisses d'assurance maladie, nous attirons votre attention sur le fait que c'est au professionnel de santé de se procurer l'original du formulaire spécifique à cet arrêt (réf S3117) auprès de la CPAM dont il dépend.

Le DES en France - Noms commerciaux, indications, posologies


Extrait du Journal Télévisé du 16 février 1983 - Antenne 2
Interview d'une femme ayant consommé du Distilbène lors de sa grossesse, sous plusieurs présentations.
(01min 32s - Source ina.fr)


Le diéthylstilboestrol (DES) étant peu couteux à fabriquer et libre de droit (son inventeur, Charles Dodds n’a pas déposé de brevet), ce médicament a été commercialisé dans le monde entier sous des centaines de noms de marque différents.

En France, le diéthylstilboestrol (DES) a été commercialisé sous les marques suivantes :

Distilbène® produit par le laboratoire Borne dès 1940, puis par le laboratoire UCEPHA (racheté par UCB Pharma),
Furostilboestrol® produit par le laboratoire UCEPHA (racheté par UCB Pharma),
Stilboestrol-Borne® produit par le laboratoire Borne, (aujourd'hui Novartis) jusqu'en 1974.

Présentation - voie d'administration / Dosage :
Source : éditions du dictionnaire Vidal, de 1938 à 1988.

Distilbène®
Dragées : à 1 mg (bleues), 5 mg (roses) et 25 mg (vertes)
Ovules suppositoires : à 1 mg, 5 mg et 25 mg 
Cônes gynécologiques à 5 mg
Suppositoires à 25 mg
Ampoules (forme injectable): à 2,5 mg et 5 mg
Flacon multidose de 50mg-5 cm3
Flacon multidose de 10 cm3 gouttes(15 gouttes=1mg)
Gouttes à 5 pour 1000
Pommade : à 5 pour 1000, 5 pour 100
Pellets (pour implantation) : à 25 mg, à 100 mg, à 500 mg.

Furostilboestrol® = Distilbène retard
Suspension injectable ampoule 1 cm3=100 mg

Pour télécharger le tableau récapitulatif des présentations du Distilbène® et du Furostilboestrol® au fil des années, cliquez ici.

Stilboestrol-Borne®
Comprimés sécants 4/4 : à 1/10ème de mg, 1mg, 5mg, et 20 mg.
Suppositoires-ovules : à 5mg, 10mg, 25mg et 50mg.
Ampoules huileuses intra-musculaires : 2,5mg et 10 mg.
Comprimés d'implantation : 15mg et 100mg.

Pour télécharger le tableau récapitulatif des présentations du Stilboestrol Borne® au fil des années, cliquez ici.

Indications et posologies :
Source : éditions du dictionnaire Vidal, de 1938 à 1988.
Les indications du DES étaient nombreuses.
Par exemple : frigidité, stérilité, menace d'avortement, avortement habituel, vomissements de la grossesse, différents troubles des règles (dont l'aménorrhée secondaire), différents troubles de la ménopause, cancer du sein...

Vous pouvez télécharger la liste exhaustive des indications et posologies pour la femme, au fil des années :
- pour le Distilbène® et le Furostilboestrol® : cliquez ici.
- pour le Stilboestrol Borne®, cliquez ici.

Médicaments donnés parfois pendant la grossesse et qui ne contiennent pas de DES
Bendectin, Debendox, Duphaston

boitestilbestrol

Noms commerciaux du DES dans le monde

Le diéthylstilboestrol (DES) étant peu couteux à fabriquer et libre de droit (son inventeur, Charles Dodds n’a pas déposé de brevet), ce médicament a été commercialisé dans le monde entier sous des centaines de noms de marque différents.

Hors de France
Si la grossesse suspectée d’avoir fait l’objet d’une prescription de DES ou d’un oestrogène de synthèse s’est déroulée hors de France, vous pouvez avoir besoin des noms de marque utilisés à l’étranger. La liste présentée ci-dessous a été établie à partir des recensements faits par les Centers for Disease Control (Atlanta, USA) et par le réseau DES Action international. Malgré sa longueur, elle n’est probablement pas exhaustive.

Oestrogènes non stéroïdiens

A – B - C
Ambigen Amenorone Amenorone Forte Antiferont
Barboestrol Benzestrol Chlorotrianisene Climatost
Clinestrol Comestrol Cycladiène Cyren A
Cyren B Cyrogene A Cyrogene B

D – E - F
Delvinal DES DesPlex Dibestil
Diestryl Dienestrol Dienobarb Dienoestrol
Diesavite Diescron Diethylstilbestrol dipalmitate
Diethylstilbestrol diphosphate Diethylstilbestrol dipropionate
Diethylstilbenediol Dihydrostilboestrol Digestil Distilbène
Domestrol Duogynon injections Duogynon oral Enavid
Estigyn Estigyn Elixir Estilben Estrobene
Estrobene DP Estrosyn Estinyl Ethidol
Eticyclin Euvalerol M Ferandren Fonatol Furostilboestrol

G – H –I
Gynben Gyneben Hexestrol Hexoestrol
Hextrol Hi-Bestrol Honvan

L – M
Lut-Ovocyclin Menoclimax Menocrin Menoform Injections
Menotone Menstrogen Injections Menstogen Tablets Menstrone
Mepilin Mepilin Elixir Meprane Mestilbol
Methallenestrol Microest Mikarol Mikarol forti
Milestrol Mixogen Monomestrol


N – O - P
Neo-Oestranol Neo-Oestranol I Neo-Oestranol II Neo-Oestrogenine
Nulabort O.C.P. Oestroform Oestroform Aqueous
Oestrogenine Oestrogenine Compound Oestromenin
Oestromon Oestrostilben Oramen Orasecron Orestol
Ovestin Ovocyclin Pabestrol Pabestrol D
Palestrol Pausandryl Premarin
Premarin with Meprobamate Premarin with Methyltestosterone
Primodian Primodian Depot Primogyn C Primogyn Depot

Q – R - S
Restrol Stil-Rol Stilbal Stilbestrol
Stilbestronate Stilbetin Stilbinol Stilboestroform
Silboestrol Stilboestrol-Borne Stilboestrol DP Stilboestrol Diphosphate
Stilboestrol Diproprionate Stilestrate Stilpalmitate
Stilphostrol Stilronate Stilrone Stils
Synestrin Synestrol Synthosestrin

T à Z
Synthovo Tace Theelin Thyboestrol
Vallestril Viraxasterol Willestrol

Associations Oestrogène non stéroïdien + androgène
Amperone, Di-Erone, Estan, Metystil, Teserene, Tylandril, Tylosterone

Association Oestrogène non stéroïdien + progestérone
Progravidium

Oestrogène non stéroïdien en ovule gynécologique
AVC Cream w/Dienestrol, Dienestrol Cream

Médicaments donnés parfois pendant la grossesse et qui ne contiennent pas de DES
Bendectin, Debendox, Duphaston

Aide mémoire "mères DES"

(1ère génération : femme ayant pris du DES pendant sa grossesse)

Lésions : Cancer du sein

Explication : Risque accru de 30 %

Commentaires :
Surveillance par examen annuel et mammographies (tous les 1 à 2 ans)

Aide mémoire "Filles DES"

(2ème génération : femmes exposées au DES in utero)

Anomalies structurales, morphologiques et fonctionnelles au niveau du vagin, du col et du corps de l’utérus, des trompes :

- Adénose (présence de muqueuse cylindrique du col utérin en dehors de sa localisation normale)
Commentaire : Fréquente, bénigne, asymptomatique

- Anomalies structurales du col et du vagin (hypoplasie du col utérin)
Commentaire : Absence ou diminution du relief du col, aspect en « cimier de casque »

- Anomalies utérines (utérus en forme de T, cavité de petite taille,utérus globalement petit, rétrécissement de la cavité, diverticules de l’utérus)
Commentaire : Visibles à l’hystérosalpingographie ou par une échographie très spécialisée

- Anomalies des trompes (trompes plus minces et plus courtes)
Commentaire : Visibles à la coelioscopie

Problèmes de fertilité
chez environ 1/3 des « filles DES »

-Troubles de l’ovulation
-Atteintes du col et du corps de l'utérus
-Anomalies de trompes
-Anomalies de la glaire cervicale

Commentaires : Pénétration des spermatozoïdes, migration et implantation de la grossesse difficiles

Accidents de grossesse

- Grossesses extra-utérines : risque multiplié par 6
- Fausses- couches précoces : plus fréquentes
- Fausses-couches tardives à 15-24 semaines d’aménorrhée : risque multiplié par 10
- Prématurité : risque de grande prématurité
- Hémorragies maternelles lors de l’accouchement : risque multiplié par 2.

Cancers

- Adénocarcinome à Cellules Claires : Vagin ou col de l’utérus.
Commentaires : environ 1 «fille DES» sur 1.000.
Age de survenue : surtout entre 17-25 ans
Examen gynécologique une fois par an

- Dysplasie du col de l’utérus : état précancéreux (risque multiplié par 2)
Commentaire : frottis annuel ; colposcopie si anomalies du frottis

- Cancer du sein : possible augmentation du risque après de 40 ans
Commentaire : examen annuel et mammographies à partir de 40 ans

Aide mémoire "Fils DES"

(2ème génération : hommes exposés au DES in utero)

Lésion : kystes de l’épididyme (sur le testicule)
Commentaire : bénins

Lésion : hypotrophie des testicules
(testicules de dimensions inférieures à la norme)

Lésion : cryptorchidie (absence de descente d’un testicule à la naissance)
Commentaire : nécessite un traitement

Lésion : hypospadias (orifice urinaire sous le pénis)
Traitement : chirurgie

Lésion : légère diminution de fertilité
Commentaire : peut retarder mais n’empêche pas la paternité

Aide mémoire 3ème génération

(petites-filles et petits-fils de femmes ayant pris du DES pendant leur grossesse)

Les anomalies observées ne concernent actuellement que les enfants des « filles DES » et non ceux des « fils DES ».

"Petites-filles DES"
Retard de la régularité des règles de quelques mois
Commentaires : résultats peu significatifs
et sans conséquences pratiques

"Petits-fils DES"
Hypospadias (position anormale de l’orifice urinaire sous le pénis - se découvre à la naissance)
Commentaire: fréquence accrue
Traitement : intervention chirurgicale


"Petites-filles" et "petits-fils DES"
Recherches en cours : atrésie de l’oesophage (rétrécissement de l’œsophage - se découvre à la naissance)
Malformation rare

Centre Régional d’Information sur le Médicament - CHU de Rennes

page1crimrennes

En 2004, le Centre Régional d’Information sur le Médicament du CHU de Rennes a consacré un numéro de son bulletin d'information au DES.

Vous pouvez télécharger cette synthèse qui présente l'essentiel du DES en 4 pages.

Nous remercions le CRIM de Rennes de mettre ainsi ce document à disposition.

Démarche scientifique : comment démontrer un lien de cause à effet?

Etape 1 – Détecter l’existence d’un lien statistique

La première étape consiste à prouver que, quand une personne est exposée à la cause présumée A, elle est victime plus souvent que les autres du problème de santé B. C’est ce qu’on appelle un « lien statistique ».
Prenons 2 exemples hors du champ de la santé :
- tous ceux qui ont gagné au loto ont acheté un ticket de loto. Parmi ceux qui n’ont pas acheté de ticket, aucun n’a gagné. Même si la fréquence des gagnants au loto est très faible parmi ceux qui ont acheté un ticket, elle est supérieure à zéro, alors que la fréquence des gagnants est nulle parmi ceux qui n’ont pas acheté de ticket. Il y a donc un lien statistique entre le fait d’acheter un ticket de loto et le fait de gagner au loto.
- Le jour de la semaine où on va acheter un ticket de loto, les facteurs distribuent le courrier. Ils le font tout autant les autres jours de la semaine. Il n’y a pas de lien statistique entre l’achat d’un ticket de loto et l’activité des facteurs.

Pour déterminer s’il existe un lien statistique entre une cause et une maladie, on compare les fréquences à l’aide d’un tableau à 4 cases :





NOMBRE DE PERSONNESAtteintes par la maladieIndemnes vis-à-vis de la maladie
exposées à la causeAtteintes par la maladie ET exposées à la causeIndemnes vis-à-vis de la maladie ET exposées à la cause
non exposées à la causeAtteintes par la maladie ET non exposées à la causeIndemnes vis-à-vis de la maladie ET non exposées à la cause

Pour comparer les fréquences, les statisticiens calculent :
- soit le rapport fréquence de l’exposition chez les malades / fréquence de l’exposition chez les indemnes,
- soit le rapport fréquence de la maladie chez les exposés / fréquence de la maladie chez les non exposés.

Ces rapports sont égaux ou proches de 1 quand il n’y a pas de lien statistique. Quand il y a un lien statistique, la valeur du rapport est différente de 1.
Plus la valeur est différente de 1, plus le lien statistique est fort.

Cette recherche d’un lien statistique est une étape cruciale dans la recherche d’un lien de cause à effet.
Tant qu’aucun lien statistique n’a été détecté puis confirmé, il est inutile de chercher plus avant un lien de cause à effet.

Etape 2 – Confirmer l’existence d’un lien statistique

Pour s’assurer de la réalité d’un lien trouvé dans une étude, il faut retrouver un lien statistique similaire dans plusieurs études différentes menées par des équipes différentes dans des contextes différents.
Il est préférable aussi que le lien soit « fort ». Est considéré comme « fort » un rapport de fréquences supérieur à 4.

Etape 3 – Passer du lien statistique au lien de cause à effet (lien de causalité)

Il faut réunir un faisceau d’arguments :
- spécificité : la causalité est plus vraisemblable si le facteur présumé causal est capable à lui seul de provoquer l’effet présumé.
- relation temporelle : le facteur présumé causal doit précéder l’effet supposé.
- existence d’une explication plausible : en l’absence d’explication raisonnable, mieux vaut rester prudent avant d’affirmer quoi que ce soit.
- «relation dose-effet» : la causalité est plus vraisemblable si une exposition plus forte à la cause s’accompagne d’un effet plus intense. Constater cette relation « dose-effet » n’est pas une obligation. Les effets de certaines causes peuvent être indépendants de la dose.
Dans le cas du DES, le moment de la prise du produit pendant la grossesse semble avoir plus d’importance que la dose absorbée. On n’observe donc pas de relation dose-effet.
- Efficacité d’une intervention : le lien de cause à effet est encore plus vraisemblable si on parvient à diminuer ou à supprimer l’effet quand on supprime la cause ou quand on l’empêche d’agir.
Dans le cas du DES, l’intervention a consisté à interdire la prescription du produit aux femmes enceintes. Les enfants nés après cette interdiction ne sont plus exposés aux problèmes des santé créés par le DES. Ainsi, par exemple, l’adénocarcinome cervico-vaginal à cellules claires est redevenu rarissime chez les adolescentes et les adultes jeunes.