
Le diéthylstilboestrol (DES) étant peu couteux à fabriquer et libre de droit (son inventeur, Charles Dodds n’a pas déposé de brevet), ce médicament a été commercialisé dans le monde entier sous des centaines de noms de marque différents.*
En France
Le diéthylstilboestrol (DES) a été commercialisé en France sous les marques suivantes :
Distilbène ® (Ucépha) et Stilboestrol-Borne ® (Borne)
Présentation voie d'administration / Dosage :
Dragées 1,5 mg – 25 mg
Gouttes / 1 mg = 10 gouttes
Ampoules I.M.* /2,5 mg
Comprimés gynéco / 5 mg
Suppositoires /25 mg
Pommade / 5 pour 1000
Voir en haut de page le tableau des différentes formules du DES commercialisées en France
Hors de France
Si la grossesse suspectée d’avoir fait l’objet d’une prescription de DES ou d’un oestrogène de synthèse s’est déroulée hors de France, vous pouvez avoir besoin des noms de marque utilisés à l’étranger. La liste présentée ci-dessous a été établie à partir des recensements faits par les Centers for Disease Control (Atlanta, USA) et par le réseau DES Action international. Malgré sa longueur, elle n’est probablement pas exhaustive.
Oestrogènes non stéroïdiens
A – B - C
Ambigen Amenorone Amenorone Forte Antiferont
Barboestrol Benzestrol Chlorotrianisene Climatost
Clinestrol Comestrol Cycladiène Cyren A
Cyren B Cyrogene A Cyrogene B
D – E - F
Delvinal DES DesPlex Dibestil
Diestryl Dienestrol Dienobarb Dienoestrol
Diesavite Diescron Diethylstilbestrol dipalmitate
Diethylstilbestrol diphosphate Diethylstilbestrol dipropionate
Diethylstilbenediol Dihydrostilboestrol Digestil Distilbène
Domestrol Duogynon injections Duogynon oral Enavid
Estigyn Estigyn Elixir Estilben Estrobene
Estrobene DP Estrosyn Estinyl Ethidol
Eticyclin Euvalerol M Ferandren Fonatol
G – H –I
Gynben Gyneben Hexestrol Hexoestrol
Hextrol Hi-Bestrol Honvan
L – M
Lut-Ovocyclin Menoclimax Menocrin Menoform Injections
Menotone Menstrogen Injections Menstogen Tablets Menstrone
Mepilin Mepilin Elixir Meprane Mestilbol
Methallenestrol Microest Mikarol Mikarol forti
Milestrol Mixogen Monomestrol
N – O - P
Neo-Oestranol Neo-Oestranol I Neo-Oestranol II Neo-Oestrogenine
Nulabort O.C.P. Oestroform Oestroform Aqueous
Oestrogenine Oestrogenine Compound Oestromenin
Oestromon Oramen Orasecron Orestol
Ovestin Ovocyclin Pabestrol Pabestrol D
Palestrol Pausandryl Premarin
Premarin with Meprobamate Premarin with Methyltestosterone
Primodian Primodian Depot Primogyn C Primogyn Depot
Q – R - S
Restrol Stil-Rol Stilbal Stilbestrol
Stilbestronate Stilbetin Stilbinol Stilboestroform
Silboestrol Silboestrol-Borne Stilboestrol DP Stilboestrol Diphosphate
Stilboestrol Diproprionate Stilestrate Stilpalmitate
Stilphostrol Stilronate Stilrone Stils
Synestrin Synestrol Synthosestrin
T à Z
Synthovo Tace Theelin Thyboestrol
Vallestril Viraxasterol Willestrol
Associations Oestrogène non stéroïdien + androgène
Amperone, Di-Erone, Estan, Metystil, Teserene, Tylandril, Tylosterone
Association Oestrogène non stéroïdien + progestérone
Progravidium
Oestrogène non stéroïdien en ovule gynécologique
AVC Cream w/Dienestrol, Dienestrol Cream
Médicaments donnés parfois pendant la grossesse et qui ne contiennent pas de DES
Bendectin, Debendox, Duphaston
(1ère génération : femme ayant pris du DES pendant sa grossesse)
Lésions : Cancer du sein
Explication : Risque accru de 30 %
Commentaires :
Surveillance par examen annuel et mammographies (tous les 1 à 2 ans)
(2ème génération : femmes exposées au DES in utero)
Anomalies structurales, morphologiques et fonctionnelles au niveau du vagin, du col et du corps de l’utérus, des trompes :
- Adénose (présence de muqueuse cylindrique du col utérin en dehors de sa localisation normale)
Commentaire : Fréquente, bénigne, asymptomatique
- Anomalies structurales du col et du vagin (hypoplasie du col utérin)
Commentaire : Absence ou diminution du relief du col, aspect en « cimier de casque »
- Anomalies utérines (utérus en forme de T, cavité de petite taille,utérus globalement petit, rétrécissement de la cavité, diverticules de l’utérus)
Commentaire : Visibles à l’hystérosalpingographie ou par une échographie très spécialisée
- Anomalies des trompes (trompes plus minces et plus courtes)
Commentaire : Visibles à la coelioscopie
Problèmes de fertilité
chez environ 1/3 des « filles DES »
-Troubles de l’ovulation
-Atteintes du col et du corps de l'utérus
-Anomalies de trompes
-Anomalies de la glaire cervicale
Commentaires : Pénétration des spermatozoïdes, migration et implantation de la grossesse difficiles
Accidents de grossesse
- Grossesses extra-utérines : risque multiplié par 6
- Fausses- couches précoces : plus fréquentes
- Fausses-couches tardives à 15-24 semaines d’aménorrhée : risque multiplié par 10
- Prématurité : risque de grande prématurité
- Hémorragies maternelles lors de l’accouchement : risque multiplié par 2.
Cancers
- Adénocarcinome à Cellules Claires : Vagin ou col de l’utérus.
Commentaires : environ 1 «fille DES» sur 1.000.
Age de survenue : surtout entre 17-25 ans
Examen gynécologique une fois par an
- Dysplasie du col de l’utérus : état précancéreux (risque multiplié par 2)
Commentaire : frottis annuel ; colposcopie si anomalies du frottis
- Cancer du sein : possible augmentation du risque après de 40 ans
Commentaire : examen annuel et mammographies à partir de 40 ans
(2ème génération : hommes exposés au DES in utero)
Lésion : kystes de l’épididyme (sur le testicule)
Commentaire : bénins
Lésion : hypotrophie des testicules
(testicules de dimensions inférieures à la norme)
Lésion : cryptorchidie (absence de descente d’un testicule à la naissance)
Commentaire : nécessite un traitement
Lésion : hypospadias (orifice urinaire sous le pénis)
Traitement : chirurgie
Lésion : légère diminution de fertilité
Commentaire : peut retarder mais n’empêche pas la paternité
(petites-filles et petits-fils de femmes ayant pris du DES pendant leur grossesse)
Les anomalies observées ne concernent actuellement que les enfants des « filles DES » et non ceux des « fils DES ».
"Petites-filles DES"
Retard de la régularité des règles de quelques mois
Commentaires : résultats peu significatifs
et sans conséquences pratiques
"Petits-fils DES"
Hypospadias (position anormale de l’orifice urinaire sous le pénis - se découvre à la naissance)
Commentaire: fréquence accrue
Traitement : intervention chirurgicale
"Petites-filles" et "petits-fils DES"
Recherches en cours : atrésie de l’oesophage (rétrécissement de l’œsophage - se découvre à la naissance)
Malformation rare
Etape 1 – Détecter l’existence d’un lien statistique
La première étape consiste à prouver que, quand une personne est exposée à la cause présumée A, elle est victime plus souvent que les autres du problème de santé B. C’est ce qu’on appelle un « lien statistique ».
Prenons 2 exemples hors du champ de la santé :
- tous ceux qui ont gagné au loto ont acheté un ticket de loto. Parmi ceux qui n’ont pas acheté de ticket, aucun n’a gagné. Même si la fréquence des gagnants au loto est très faible parmi ceux qui ont acheté un ticket, elle est supérieure à zéro, alors que la fréquence des gagnants est nulle parmi ceux qui n’ont pas acheté de ticket. Il y a donc un lien statistique entre le fait d’acheter un ticket de loto et le fait de gagner au loto.
- Le jour de la semaine où on va acheter un ticket de loto, les facteurs distribuent le courrier. Ils le font tout autant les autres jours de la semaine. Il n’y a pas de lien statistique entre l’achat d’un ticket de loto et l’activité des facteurs.
Pour déterminer s’il existe un lien statistique entre une cause et une maladie, on compare les fréquences à l’aide d’un tableau à 4 cases :
NOMBRE
DE PERSONNES
Atteintes
par la maladie
Indemnes
vis-à-vis de la maladie
exposées à la cause
Atteintes par la maladie
Et exposées à la cause
Indemnes vis-à-vis de la maladie
Et exposées à la cause
non exposées à la cause
Atteintes par la maladie
Et non exposées à la cause
Indemnes vis-à-vis de la maladie
Et non exposées à la cause
Pour comparer les fréquences, les statisticiens calculent :
- soit le rapport fréquence de l’exposition chez les malades / fréquence de l’exposition chez les indemnes,
- soit le rapport fréquence de la maladie chez les exposés / fréquence de la maladie chez les non exposés.
Ces rapports sont égaux ou proches de 1 quand il n’y a pas de lien statistique. Quand il y a un lien statistique, la valeur du rapport est différente de 1.
Plus la valeur est différente de 1, plus le lien statistique est fort.
Cette recherche d’un lien statistique est une étape cruciale dans la recherche d’un lien de cause à effet.
Tant qu’aucun lien statistique n’a été détecté puis confirmé, il est inutile de chercher plus avant un lien de cause à effet.
Etape 2 – Confirmer l’existence d’un lien statistique
Pour s’assurer de la réalité d’un lien trouvé dans une étude, il faut retrouver un lien statistique similaire dans plusieurs études différentes menées par des équipes différentes dans des contextes différents.
Il est préférable aussi que le lien soit « fort ». Est considéré comme « fort » un rapport de fréquences supérieur à 4.
Etape 3 – Passer du lien statistique au lien de cause à effet (lien de causalité)
Il faut réunir un faisceau d’arguments :
spécificité : la causalité est plus vraisemblable si le facteur présumé causal est capable à lui seul de provoquer l’effet présumé.
relation temporelle : le facteur présumé causal doit précéder l’effet supposé.
existence d’une explication plausible : en l’absence d’explication raisonnable, mieux vaut rester prudent avant d’affirmer quoi que ce soit.
« relation dose-effet » : la causalité est plus vraisemblable si une exposition plus forte à la cause s’accompagne d’un effet plus intense. Constater cette relation « dose-effet » n’est pas une obligation. Les effets de certaines causes peuvent être indépendants de la dose.
Dans le cas du DES, le moment de la prise du produit pendant la grossesse semble avoir plus d’importance que la dose absorbée. On n’observe donc pas de relation dose-effet.
Efficacité d’une intervention : le lien de cause à effet est encore plus vraisemblable si on parvient à diminuer ou à supprimer l’effet quand on supprime la cause ou quand on l’empêche d’agir.
Dans le cas du DES, l’intervention a consisté à interdire la prescription du produit aux femmes enceintes. Les enfants nés après cette interdiction ne sont plus exposés aux problèmes des santé créés par le DES. Ainsi, par exemple, l’adénocarcinome cervico-vaginal à cellules claires est redevenu rarissime chez les adolescentes et les adultes jeunes.
La marraine de
l'association est
l'écrivaine :
Marie Darrieussecq
Marie Darrieussecq est née
le 3 janvier 1969. Elle a été élevée
...[ découvrir son portrait ]
[ Actions et interventions ]
Réseau D.E.S. France
37 rue d'Amsterdam
75008 Paris
[ Contactez-nous ]