Focus

Avec les Etats-Unis, les victimes du Distilbène (DES) commémorent en France le 55ème anniversaire de la découverte du lien entre DES et cancer ACC

20 avril 2026

Semaine de sensibilisation au DES, du 20 au 26 avril 2026 : le DES, un médicament qui ne connaît pas de frontières

Le 22 avril 2026 marquera le 55e anniversaire du jour où l’équipe du Dr Herbst, à Boston, a établi le lien entre l’exposition prénatale au Distilbène (Diéthylstilbestrol ou DES en abrégé) et la survenue chez des jeunes femmes, d’un cancer rare du col utérin ou du vagin : l’Adénocarcinome à Cellules Claires (ou cancer ACC – non lié aux virus HPV).

Cette découverte révéla ainsi l’une des catastrophes médicales les plus dévastatrices de l’histoire de la médecine. Présenté comme un « médicament miracle » et prescrit à des millions de femmes enceintes entre les années 1940 et 70 pour prévenir les fausses-couches, le DES, inefficace, est aujourd’hui reconnu comme la cause d’une tragédie de santé publique multigénérationnelle qui continue de se dérouler.

Au Congrès américain, une résolution présentée en 2025 par le député Jim McGovern du Massachusetts, reconnaît l’héritage tragique du DES et appelle entre autres, non seulement à une reconnaissance officielle des victimes, mais aussi à la poursuite des recherches scientifiques sur les conséquences de cette exposition.

En France, le DES a été prescrit à 200 000 femmes enceintes, jusqu’en 1977 : 160 000 enfants sont nés de ces grossesses.

Aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, dans les années 80, une Semaine nationale de sensibilisation au DES avait été instaurée. Aujourd’hui en France elle reste d’actualité, pour continuer d’attirer l’attention sur les séquelles physiques et émotionnelles durables subies par les mères, les fils, les filles et désormais les petits-enfants exposés au DES. Le DES est désormais identifié comme le modèle-type du perturbateur endocrinien.

55 ans plus tard, de nouvelles conséquences continuent d’apparaître ; en 2026, Réseau D.E.S. France est dans l’attente des recommandations de la Haute Autorité de Santé pour communiquer sur le dépistage du cancer ACC chez les « filles DES »*.

Réseau D.E.S. France recueille des témoignages ; le livre de Véronique Mahé, Distilbène, Des mots sur un scandale, paru en 2010, les podcasts de ses adhérents, enregistrés depuis 2024, rendent compte de l’impact du DES dans la vie quotidienne de ceux qui, aujourd’hui, en subissent les conséquences.

* « filles DES » : femmes exposées in utero (avant leur naissance) au DES, prescrit à leur mère durant la grossesse dont elles sont issues.

Ci-dessous le communiqué de presse :